No fim de 2002, Inglaterra e França fizeram um acordo para fechar o campo de refugiados de Sangatte, junto ao porto de Calais, onde milhares de pessoas - sobretudo afegãos e curdos iraquianos - aguardavam o momento para fazer a travessia rumo a solo inglês. Muitos arriscaram a vida na travessia do Eurotunnel, escondidos em baixo dos comboios, camuflados no interior de camiões, e entregaram tudo o que tinham às mafias dos "passadores". Mas o encerramento deste campo gerido pela Cruz Vermelha não correu como acordado e muitas pessoas foram expulsas sem direito nem a visto de trabalho em Inglaterra nem a carta de residência em França. O fim daquele "não-lugar para não-pessoas" dispersou as famílias de refugiados pelas localidades próximas e muitos habitantes locais organizaram-se para lhes dar condições mínimas de sobrevivência - refeições, duches e abrigo.
É essa solidariedade que volta hoje ao banco dos réus. O presidente do clube de vela de Calais - e fundador da associação C’sur, que apoia os refugiados desde o fecho de Sangatte - é o primeiro a responder em tribunal por ter dado abrigo a imigrantes e participado na confecção e distribuição de refeições aos refugiados, para além de ter usado os seus documentos para que aqueles pudessem receber dinheiro das famílias via transferência bancária. Também em Junho passado, outras duas pessoas de Dunquerque foram acusadas de distribuir comida a um grupo de imigrantes numa casa ocupada, arriscando uma pena de 10 anos de prisão e 750 mil euros de multa, com a agravante de actuarem, à luz da lei, como "bando organizado". O "crime" estava previsto numa lei de 1945, mas o ministro Sarkozy, cavalgando a onda securitário-populista, aumentou-lhe as penas. A criminalização da solidariedade vai avançando a par da intolerância.
Publicado por luisbranco em agosto 19, 2004 03:40 PMNa edição online de hoje do L'Humanité, vêm uma noticia sobre isso:
Criminalisation.
Chasses à l’homme
Aujourd’hui, deux membres du collectif C-SUR doivent être jugés par le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Leur tort : avoir aidé des étrangers. Reportage à Calais, où la police traque sans relâche, et sans distinction, réfugiés, passeurs... et militants associatifs.
Calais, envoyé spécial.
Jean-Claude Lenoir et Charles Frammezelle - surnommé Moustache - ont un gros défaut : ils sont naturellement généreux et solidaires. Et particulièrement avec ceux qui, en plus d’être dans le besoin, n’ont pas la chance d’être Français. Lorsque l’on habite Calais, il est difficile de rester insensible aux conditions de vie inhumaines des migrants. Alors, comme beaucoup de militants associatifs du collectif C-SUR mais aussi de simples habitants de la région, ils ont eu la bonté de venir en aide aux réfugiés étrangers, en quête de dignité. Distribution alimentaire, hébergement... Des gestes légitimes, de pure solidarité et pourtant interdits par la loi. D’après la justice, ce serait essentiellement le fait d’avoir servi de prête-nom aux étrangers pour qu’ils puissent percevoir l’argent envoyé par leurs familles, qui leur vaut tous leurs ennuis. De l’argent destiné à subvenir aux besoins quotidiens, frais de passeurs compris.
" Devoir de désobéissance "
Mis en examen au printemps 2003 pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière, le procès de Jean-Claude et Moustache s’ouvre aujourd’hui, au tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer. Une fois de plus, c’est l’ensemble du mouvement social et humanitaire qui est mis en accusation. L’abbé Jean-Pierre Boutoille, doyen de Calais, a hébergé pendant un an et demi un Irakien. " Quand les temps sont durs, on ne se pose pas la question. L’Église prône le devoir de désobéissance lorsque la dignité humaine est bafouée. C’est une question de conscience. Après la fermeture de Sangatte, j’ai ouvert mon église pendant cinq jours à 127 réfugiés. Si la loi devait s’appliquer, il faudrait, moi aussi, me mettre en examen, ainsi que l’évêque, le préfet et le maire de Calais, avec l’accord desquels j’ai pris cette décision. De plus, nous rencontrions régulièrement le préfet et il savait très bien que nous hébergions des étrangers. Il ne nous a jamais demandé d’arrêter. La sanction vis-à-vis de Jean-Claude et Charles est pure hypocrisie ", explique le prêtre, également membre du collectif C-SUR.
Depuis la fermeture du centre d’hébergement de la Croix-Rouge par Nicolas Sarkozy, la vie des centaines de demandeurs d’asile ressemble à une longue chasse à l’homme. Allongés sur un terrain vague, plusieurs dizaines d’Africains espèrent un moment de calme. Face à eux, sur la route, une voiture de police s’arrête. " Dog life " (" vie de chien "), soupire un Somalien. Tel du gibier que l’on rabat avant l’assaut final, les réfugiés s’enfoncent dans le bois des Garennes, lieu où la plupart d’entre eux passent la nuit. Là, des abris de fortune sont construits, pour une durée toujours incertaine. Car les forces de l’ordre font souvent des incursions et n’hésitent pas à brûler les cabanes, voire à les asperger de gaz lacrymogènes. Une pratique courante à Calais, comme l’attestent de nombreux témoins, qu’ils soient clandestins ou résidents. Un bunker, vestige de la Deuxième Guerre mondiale qui sert de refuge en cas d’intempéries, est lui aussi régulièrement gazé. Autre pratique : l’éloignement à une cinquantaine de kilomètres des réfugiés à qui l’on a pris soin d’ôter leurs chaussures. Les témoignages ne manquent pas non plus, sur cet Afghan à qui la police a infligé plusieurs fractures au bras ou sur un autre, roué de coups de pied, en pleine rue.
Sortie par le col et menottée
Mais les migrants ne sont pas les seules victimes des violences policières. Beaucoup de bénévoles ont eu à subir des intimidations. Comme Hélène, dix-neuf ans à l’époque des faits, l’an dernier. " J’étais en voiture, je transportais de la nourriture, accompagnée de quatre réfugiés. La police m’a arrêtée et sortie du véhicule par le col. Ils m’ont arraché mon téléphone portable, fait mettre les mains dans les dos et m’ont dit que si je continuais à crier, ils m’en collaient une ! J’ai été convoquée par le procureur et menottée ", raconte la jeune fille, toujours militante. Dès que les journalistes apparaissent pourtant, les exactions se font plus rares. " Où sont les droits de l’homme ? ", s’interroge un Soudanais. Une nationalité actuellement fortement représentée dans la région, en raison de la guerre civile au Darfour. Irakiens - principalement Kurdes -, Afghans, Somaliens, quelques Serbes et Palestiniens forment le reste des effectifs. Deux fois par jour, aux alentours de 14 heures et 18 h 30, ils s’attroupent devant les points de distribution alimentaire. Un sachet froid pour le déjeuner, assuré par l’association humanitaire La Belle Étoile, et un repas chaud pour le dîner, servi par le collectif C-SUR auquel appartiennent les deux prévenus. Ceux-ci encourent trois ans d’emprisonnement, selon une ordonnance de 1945 qui n’a jusqu’alors jamais été appliquée. Aux yeux du collectif, " l’État français a lui-même participé à ce chef d’accusation au sein du centre de Sangatte " qui, entre septembre 1999 et novembre 2002, a accueilli 68 000 étrangers désireux de passer au Royaume-Uni.
Sarkozy responsable
Pour l’abbé Boutoille, le grand responsable de la situation n’est autre que Nicolas Sarkozy. " L’ancien ministre de l’Intérieur a fermé Sangatte sans rien prévoir, en promettant qu’il n’y aurait plus de réfugiés à Calais au bout de quelques mois. Ce n’était pas honnête. Malgré nos invitations, il n’est jamais venu voir sur place, alors que c’est un homme très mobile ! ", ironise l’ecclésiastique. Aujourd’hui, les associations réclament une nouvelle structure d’accueil. Un lieu où les demandeurs d’asile pourraient se reposer, prendre une douche, connaître leurs droits avant de prendre une décision. Car ici, personne n’entend décider du destin des réfugiés à leur place et, encore moins, les inciter à entrer en France et y rester. Il faut dire que son image de terre d’asile n’est qu’un lointain souvenir.
Ludovic Tomas
http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-08-19/2004-08-19-398982
Afixado por: Marco Saias em agosto 19, 2004 05:55 PMIncrível como a exclusão é levada às últimas consequências: não chega deixar as pessoas desprotegidas, há que impedir seja quem for de as apoiar. A "Fortaleza Europa" assume uma vertente cada vez mais pérfida.
Há uns tempos discutia com uma amiga a pressão migratória que a Europa sofre, quer vinda do Leste, do Norte de África ou do Golfo da Guiné, comparámos alguns números do ultimo relatório do ACNUR e a verdade é que 80% dos fluxos de migração se situam em países do Sul, ou seja...este "pequeno" fenómeno de Callais (já de si igual a outros tantos, seja na costa do Sul de Espanha ou na Alemanha ou...) é de facto a ponta do iceberg numa crise global de exclusão já não só social, mas humana: como inspiradamente se lhe referiu o Luis Branco, este "não-lugar para não-pessoas" é um entre milhares.
Negri define, no "Império" as migrações como algo libertador que a multitude deve procurar. Fala também das pressões exteriores e cada vez maiores, por parte destas migrações, às fronteiras (inexistentes) do Império.
Define-as como um fenémeno determinante na análise futura dos processos de globalização e na definição do que vão ser os grandes desafios políticos do amanhã.
E bem se vê como.
Afixado por: david avila em agosto 20, 2004 12:58 AMDélit de bon coeur
Hier comparaissaient deux bénévoles poursuivis pour avoir aidé des clandestins • Ils ont été condamnés vendredi matin
Par Stéphanie MAURICE
vendredi 20 août 2004 (Liberation - 06:00)
Boulogne-sur-Mer envoyée spéciale
Après 18 heures d'audience, deux militants associatifs ont été reconnus coupables vendredi matin, par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) d'"aide au séjour à personne en situation irrégulière en bande organisée", mais dispensés de peine.
Le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis à l'encontre de Jean-Claude Lenoir et Charles Frammezelle. Reuters, vendredi, 8h25
«J'ai hébergé une maman avec un bébé de six mois, j'ai hébergé quelqu'un qui n'avait plus de jambes. Vous voyez, je vous le dis, monsieur le Président. Si pour cela, ce soir, je vais en prison, je pense que la France aura perdu.» Jean-Claude Lenoir se tient droit à la barre, et raconte son quotidien de bénévole d'après-Sangatte. A nourrir, à loger, à soigner les 200 à 300 clandestins éparpillés dans les rues de Calais. Dans la salle comble du tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, le public approuve. Confédération paysanne, Verts, militants des droits de l'homme, membres du collectif d'associations d'aide aux migrants, ils étaient une cinquantaine à s'être déplacés pour dénoncer le procès fait à deux d'entre eux pour «soutien au séjour de personnes en situation irrégulière». Jean-Claude Lenoir et Charles Frammezelle comparaissent avec sept présumés passeurs. C'est en démantelant ce réseau que la police aux frontières (PAF) les a trouvés sur son chemin. Du moins si on suit le récit du capitaine Patigner. «M. Saman - l'un des prévenus - avait donné comme adresse postale celle de M. Frammezelle. Nous sommes passés chez lui [...]. Nous avons constaté la présence de 16 individus, couchés sur le sol, tous des ressortissants étrangers en situation irrégulière.» Et comme le passeur présumé avait également dormi chez Jean-Claude Lenoir, celui-ci a subi à son tour une perquisition à son domicile.
Bordereaux. Sur l'hébergement, le président du tribunal se montre peu chatouilleux : «Personne ne conteste l'aspect humanitaire des choses, qui consiste à leur donner à manger, à leur distribuer des vêtements, à les héberger aussi. Vous êtes ici parce que vous avez prêté votre concours à des opérations financières qui servaient à payer le passage des réfugiés.» Les fameux bordereaux de la Western Union traceraient donc une ligne de démarcation. Les deux bénévoles auraient dépassé les limites de leur mission en touchant, chacun, environ 7 500 euros pour le compte des réfugiés. Ceux-ci, sans papiers, ne pouvaient réceptionner seuls les mandats envoyés par leurs familles. Le capitaine Patigner a l'honnêteté de préciser qu'aucun des deux hommes n'a pris la moindre commission.
Acompte. Le président Marlière insiste : «Vous saviez bien à quoi cet argent allait servir...» Charles Frammezelle secoue la tête : «Ils faisaient ce qu'ils voulaient avec leur argent. Je n'allais pas leur donner mon argent à moi.» Même scène avec Jean-Claude Lenoir. «Donc 7 292 euros ont été retirés en 14 opérations. La somme la plus minime est de 70 euros, la plus importante de 1 450 euros.» Dans l'assistance, quelqu'un souffle : «ça ne suffit pas à payer un passage.» Il faut plutôt compter aujourd'hui entre 3 000 et 5 000 euros. Jean-Claude Lenoir se défend bec et ongles : «Vous n'êtes pas sans savoir qu'une première demande à l'Ofpra doit être signée par un avocat, avec un acompte de 50 % sur ses honoraires, qui se montent à 840 euros.»
Le président soupire, reconnaît qu'une demande d'asile n'est pas gratuite et tranche : «Dans ce dossier, rien n'est prouvé, ni dans un sens, ni dans l'autre.» Jean-Claude Lenoir s'indigne : «Je n'ai aucun doute, je ne faisais que de l'humanitaire.» Le procureur monte au créneau : «Vous saviez que ces gens que vous hébergiez voulaient passer en Angleterre.» Jean-Claude Lenoir rétorque : «Ces gens ne savent pas où ils vont. Et je respecte trop les êtres humains pour penser à leur place.» Scepticisme du procureur. Le prévenu sourit. «Vous ne voyez plus quelqu'un, vous vous dites qu'il est passé en Angleterre. Et puis non, vous le revoyez deux semaines après, il s'est fait embarquer par la police et envoyer à Lyon ou à Montpellier. Alors, bien malin qui sait qui passe en Angleterre.»
Le président renvoie Lenoir s'asseoir. Il reste debout, à la barre, une liste à la main. «Monsieur le président, je voudrais signaler toutes les imprécisions que j'ai relevées dans le témoignage du capitaine Patigner. Depuis quinze mois, je suis pénalisé dans ma vie professionnelle, familiale, dans ma vie de citoyen. La moindre des choses, c'est qu'il n'y ait pas d'erreur.» Dehors, accrochée à la balustrade du tribunal, une banderole claque au vent. Elle dit : «La solidarité n'est pas un délit.»
Não tem a ver com o tema(?), mas aproveito para divulgar a edição em Portugal do magnifico «Império» de Michael Hardt e Antonio Negri
Um livro a não perder!
A Europa civilizada... EI-LA!
Um abração do
Zecatelhado